Tribune

Le statut de l’artiste entre l’ouverture du ministère et le conservatisme des syndicats

Le 1 Mars dernier s’est tenue une réunion d’information et d’échange a propos de la nouvelle loi sur le statut de l’artiste. La réunion s’est tenue à la cité de la culture en présence de plusieurs grands acteurs du milieu artistique en Tunisie en présence du ministre des affaires culturelles Mohamed Zinelabidine. La réunion a d’abord été l’occasion pour le ministre de présenter les différentes composantes de la cité ainsi que les organismes qu’elle abritera, la cité permettra ainsi de centraliser les services pour les artistes et de faciliter l’accès aux structures d’aide, festivals,…

La réunion a été aussi l’occasion de présenter la nouvelle version du projet de loi sur le statut de l’artiste. ce nouveau projet se veut plus ouvert, avec un souci d’asseoir le statut de l’artiste, de tenir compte des spécificités du métier sans pour autant mettre en avant l’aspect coercitif. (aspect qui fut reproché à la première version du texte) cette version plus allégée (31 articles au lieu  des 41 de la version originale) bien qu’elle retient le principe de la carte professionnelle, lui donne plutôt un aspect facultatif et serait donc considéré comme un avantage pour les artistes plutôt qu’une condition d’exercice de leur art. De plus, la carte ne serait pas une condition sinequanone à l’obtention des subventions publiques, le principe retenu est celui de la priorité. le texte reconduit les autres éléments du texte original notamment l’obligation pour les médias tunisiens de programmer du contenu tunisien (50% pour les médias privés 60% pour les médias publics) cette carte serait donnée à vie pour reconnaître le statut de l’artiste et non plus être liée à ses compétences techniques qui, elles, peuvent évoluer.

Les artistes quant à eux ont profité de la présence du ministre pour rappeler la difficulté de l’exercice de leur métier, notamment les barèmes dérisoires que retient le ministère pour rémunérer les gens de théâtre et ont appelé à l’instauration d’un salaire minimum artistique. Autre problème récurrent soulevé par les artistes, les retards de paiements du ministère qui fait que les artistes sont obligés de pratiquer d’autres métiers tels que l’enseignement pour pouvoir survivre.

De son coté Mekdad Shili et au nom des 6 syndicats majoritaires a exprimé son refus du nouveau projet de loi et notamment le fait qu’elle limite sévèrement l’intérêt et les prérogatives de la carte professionnelle. l’attachement à ce document s’explique par la nécessité d’éliminer les intrus et de garantir ainsi un niveau suffisant pour les artistes professionnels. certains pourront dire que cela permettra par la même d’éviter une concurrence déloyale.

D’autres allocutions ont fait des propositions pour renforcer les sources de financement des caisses sociales des artistes notamment l’instauration d’une taxe sur les mariages ou encore sur les concerts animés par les artistes étrangers.

Le ministre a promis de continuer de recevoir les propositions de modifications pour aboutir à un projet final qui sera discuté le Jeudi 8 Mars

Saber

Multi-instrumentiste et créateur du site musicien.tn

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