BeatStep


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Depuis quelques années déjà, on observe dans le monde des moyens de production musicaux « modernes » trois tendances majeures.

Tout d’abord, le perfectionnement constant des outils virtuels, instruments et effets, dont les qualités sonores et ergonomiques ne sont aujourd’hui plus contestées par personne. Ensuite – et en conséquence – l’affirmation très nette des appareils nomades de type tablette tactile comme outils de plus en plus crédibles. Et enfin, le regain d’intérêt en parallèle pour les machines analogiques ou tout du moins hardware.

Avec ses trois types de connectiques – MIDI USB, MIDI OUT classique et CV/Gate – le BeatStep d’Arturia se propose d’être le trait d’union entre ces trois tendances, en offrant la possibilité de contrôler simultanément tous les types d’outils réels ou virtuels disponibles actuellement, le tout dans un format « nomade ».

Équipé en outre d’encodeurs et de pads pouvant servir à la fois au jeu et à la programmation de séquences, ainsi que toutes sortes de fonctionnalités que nous allons explorer, le BeatStep a sacrément titillé notre curiosité… d’autant plus qu’il est vendu à un peu moins de 100 euros !

Allez, on plonge…

Plastique parfaite

L’Arturia BeatStep se présente sous la forme d’un boîtier rectangulaire de 32,5 cm de large, 12,8 cm de profondeur et environ 3,5 cm de haut potards compris. La base est en métal, recouverte d’une robe de plastique blanche du plus bel effet.

Arturia BeatStep
Sur le panneau frontal, 16 boutons rotatifs surplombent 16 pads rétroéclairés sensibles à la vélocité et à l’aftertouch. Les dénominations « set 1 », « set 2 », etc. présentes autour des potards n’ont pas de réelle importance et servent surtout de repères visuels afin de mieux appréhender les contrôles auxquels les boutons sont affectés.

À gauche des potards rotatifs, nous trouvons leur cousin plus volumineux qui permet, selon le cas, d’envoyer par défaut un message MIDI CC7 (contrôle de volume) ou d’agir sur le tempo ou le pitch général d’une séquence.

Au-dessous à côté des pads, nous avons deux colonnes de quatre boutons poussoir chacune. Les deux boutons du haut permettent de déclencher, de mettre en pause, de relancer ou de stopper une séquence. Au-dessous, le bouton « cntrl/seq » autorise la bascule entre le mode de contrôle MIDI standard et celui du séquenceur. « Ext sync » active ou désactive la soumission du BeatStep à une horloge MIDI externe. Les boutons « recall » et « store » permettent de rappeler et sauvegarder des configurations. Le bouton « shift » appelle des fonctions alternatives. Enfin, le bouton « chan », associé à chacun des pads, autorise le changement instantané de canal MIDI.

C’est encore à gauche, sur la tranche de l’appareil cette fois-ci, que nous trouvons toute la connectique. D’une part, celle-ci comporte une prise MIDI USB qui assure également l’alimentation de l’appareil via un ordinateur, un appareil mobile ou bien un chargeur USB indépendant (non fourni). D’autre part, nous avons trois prises mini-jack : une gate out, une CV out et une MIDI OUT à laquelle on pourra connecter un câble-convertisseur vers MIDI OUT DIN femelle (fourni, lui).

Enfin, sur la tranche arrière du boîtier, à côté d’une élégante sérigraphie reprenant la marque et le nom de l’appareil, nous découvrons une sécurité Kensington, ainsi qu’il est maintenant courant d’en trouver sur toute machine pouvant être aisément engloutie dans un sac à dos.

Frontal control

Le BeatStep fonctionne selon deux modes. Le mode « Control » permet d’envoyer des messages MIDI via les pads et les encodeurs pour piloter un instrument ou un effet par exemple. Le mode « Sequence » permet quant à lui de créer et contrôler le mode de reproduction d’une séquence. Les deux modes sont utilisables simultanément, c’est-à-dire qu’on pourra faire tourner une séquence tout en pilotant des paramètres MIDI en mode « Control » via les encodeurs ou en jouant des notes via les pads.

Tel quel, sans le moindre paramétrage préalable nécessaire, le BeatStep est déjà parfaitement utilisable pour contrôler, au choix, un instrument virtuel ou un module hardware via les commandes du panneau frontal et les prises MIDI USB, MIDI OUT et/ou CV/Gate.

En mode « control », les 17 encodeurs (les 16 « petits » plus le « gros ») envoient par défaut des messages CC (Control Change) , les boutons de transport des messages … de transport au format MMC (MIDI Machine Control) et les 16 pads des messages de « note on / note off ». Nous verrons plus bas dans le paragraphe « Master Mind » comment modifier les types de messages. Si les pads se montrent particulièrement réactifs et agréables – on n’est pas encore tout à fait au niveau d’une Maschine , mais tout de même – il est un peu rageant de ne pouvoir agir directement sur leur tessiture via des boutons physiques de transposition. Il y a bien une jolie sérigraphie « Transpose » à côté du gros encodeur, mais cette fonction n’est utilisable que dans le cadre du mode « Sequence ».

Cela semble être la dernière mode (voir les tests de Maschine Studio ou celui des Launchkey et Launchpad Mini) de supprimer ces fameux boutons qui simplifient pourtant énormément la vie en live, dès lors qu’il s’agit d’un contrôleur à pads. Sachez, messieurs les fabricants, que cela commence à bien faire !

Arturia BeatStep
Dans le cas présent, il faudra passer par le logiciel de contrôle MIDI Control Center (voir plus bas) pour affecter des tessitures différentes à chacun des 16 slots mémoire de l’appareil si l’on souhaite pouvoir ensuite transposer rapidement les messages de notes, en rappelant les mémoires via la touche « recall » du panneau frontal.

Ou, alors, si l’on ne veut pas passer par le MIDI Control Center, il sera possible de recourir à la fonction de modification de pitch des messages MIDI entrants, disponible sur certains modules hardware ou STANs. Bref, pas ultra-pratique.

À noter également que les messages MMC envoyés par les boutons de transport de l’appareil ne sont pas reconnus par toutes les STANs, ce qui nécessitera là aussi un passage par le MIDI Control Center pour modifier leur format avant de pouvoir les utiliser pour contrôler des paramètres.

La seule action de paramétrage que l’on puisse réellement effectuer directement à partir du panneau frontal de l’appareil quand on est en mode « Control », sans aucun réglage antérieur via le MIDI Control Center, c’est la modification de canal MIDI via la pression simultanée de la touche « chan » et du pad correspondant au canal que l’on souhaite activer, de 1 à 16. Cela s’avère extrêmement pratique pour passer rapidement du contrôle d’un instrument à l’autre.

Il faut toutefois considérer que le changement de canal affectera tous les appareils connectés au BeatStep, et concernera aussi bien le contrôle MIDI via MIDI USB ou MIDI Out que l’envoi de notes via CV/Gate, ou encore la lecture de séquence. Si vous souhaitez affecter des canaux MIDI différents à toutes ces fonctionnalités, il faudra là aussi passer par… le MIDI Control Center.

En ce qui concerne les tablettes et smartphones, le BeatStep est Class Compliant, donc aucun souci pour piloter des applis compatibles MIDI. Je me suis personnellement beaucoup amusé avec le BeatStep connecté à l’Animoog de Moog Music, via l’adaptateur de l’Apple Camera Connection Kit.

Enfin, soulignons qu’en cas de surcharge dans le traitement des informations MIDI entraînant le blocage de note (surtout valable pour certains synthés un peu anciens), il est possible d’envoyer une commande « All notes off » directement via le BeatStep en appuyant 3 fois de suite sur la touche « stop ».

Extrait de audiofanzine.com

By |2017-12-16T11:29:29+00:00octobre 29th, 2014|Matos|0 Comments

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