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Une journée dans les coulisses de « Opéra Aida  » : un spectacle qui promet de la grandeur !

Franchir l’entrée de la cité de la culture est toujours un grand moment fort en émotions. C’est un espace où grandeur et beauté se mêlent pour offrir aux visiteurs un sentiment de fierté sans pareil. La fierté de posséder une institution d’un tel calibre. La fierté d’appartenir à un pays qui se réinvente et qui lutte contre la décadence des goûts par la pureté de l’art.

LE GRAND MOMENT APPROCHE 

Quelques jours nous séparent d’un grand événement, sans doute le premier du genre en Tunisie: opéra AIDA. On aura la chance de voir un opéra complet, avec les costumes, les décors, les danses et surtout un corps d’artistes lyriques professionnels. On nous promet 2H d’un voyage au temps de l’Egypte Ancienne pour vivre l’histoire d’Aida et du général égyptien Radamès. On nous promet un spectacle qui restera incontestablement dans les mémoires pendant des décennies. Cette collaboration entre l’orchestre et le choeur de l’orchestre de l’opéra de Tunis, l’orchestre symphonique tunisien d’un côté, et nos invités italiens de l’orchestre et du choeur de la Luglio Musicale Trapanese; promet d’être une réussite fracassante. Elle prouve que nous avons des musiciens de haut niveau, capables de faire honneur au nom de la Tunisie et que l’avenir s’annonce plein  de belles promesses. D’ailleurs, on nous a annoncé que nos amis italiens ont été agréablement surpris par le niveau des musiciens tunisiens qu’ils ont décidé de les inviter en Italie à leur tour pour jouer AIDA.

Assister aux répétitions à 5 jours de la première de El Jem est certes un immense honneur et un privilège pour lequel je me dois de saluer la grandeur du directeur artistique de l’opéra de Tunis, un grand homme comme il en existe si peu: l’incomparable Rachid Koubaa. « Viens découvrir comment se construit un opéra » avait-il dit; et ce dont j’ai été témoin, se passe de mots. Veillant au bon déroulement de la journée des répétitions, chaque trait de son visage exprimait l’attente et l’espoir d’une réussite pour laquelle il a donné tout son être. Ce « serviteur de la musique », comme il le dit humblement, oeuvre inlassablement pour instaurer une culture de l’opéra à Tunis.

UN IMMENSE CHANTIER

Enchainer 4h de répétitions au quotidien avec seulement quelques minutes de pause relève de l’impossible et demande une force herculéenne. Or, même lors des rares moments de repos accordés par le chef d’orchestre, on pouvait voir des violonistes qui accordaient leurs instruments, et la harpiste qui étudiait sa partition avec soin. Cela démontre la noblesse du métier de musicien mais aussi le don de soi que cela exige. Derrière une prestation, derrière chaque représentation, il y a des centaines d’heures de répétitions, le trac, l’envie de vouloir tout donner mais surtout la nécessité de se dépasser et d’atteindre l’absolu.

C’est un pur émerveillement que de voir un maestro italien à l’oeuvre. Dans un océan humain où se mélangent musiciens italiens et tunisiens, Andrea Certa était corps et âme dans Aida. Le dévouement de cet artiste était tel qu’il répétait allègrement le texte de l’opéra, en plus des notes. A croire qu’il aurait fallu lui attribuer à lui le rôle titre !

Or , la question que je ne cesserai de poser, est si on pourrait un jour monter un opéra au complet avec une distribution 100 % tunisienne sur tous les volets, sans avoir besoin de recourir à un parti  étranger.  Quel avenir finalement pour la musique classique en Tunisie ? Aida sera-t-il un projet déclencheur d’autres initiatives du genre ou bien s’agit-il d’une initiative qui ne se répétera pas avant longtemps ?

Quelques images des répétitions de la journée du 25 juin avec , ensemble, les musiciens tunisiens et italiens. Un moment exceptionnel ! Une production qui sera au-delà de toutes les attentes.

Publiée par Musicien.tn sur Lundi 25 juin 2018
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