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عرس الطبوع 2 Rencontre entre Nouba et Mouacha7


Après le succès fracassant de عرس الطبوع (ou le mariage des modes) dans sa première version qui a réunit le grand Zied Gharsa et l’invité d’honneur algérien Cheikh Abbes Righi; voici que l’on a assisté hier soir à un autre choc des titans. La diva syrienne d’origine arménienne Lena Chamamyan a partagé la scène avec notre icône nationale Zied Gharsa pour honorer cette fois l’école syrienne.

Le maestro Mohamed Lassoued aux commandes de l’orchestre national tunisien, a compris que le public avait soif de cette musique qui égaye les âmes et caresse les mémoires. De la musique pure, authentique, qui rompe avec la les chansons commerciales poussées à coup de gros budgets promotionnels. Au-delà d’être un projet ambitieux et novateur, عرس الطبوع (ou le mariage des modes) est l’affirmation que les archives du patrimoine musical tunisien regorgent de merveilles atemporelles qu’il est nécessaire de rappeler et de revisiter.

S’alliant à Zied Gharsa pour la seconde fois, Mohamed Lassoued renouvelle son rendez-vous avec la réussite à travers le second volet de عرس الطبوع (ou le mariage des modes). Ce fut une soirée digne de la majesté sultanique des rois d’antan; une soirée durant laquelle le jasmin du Sham a trouvé refuge dans celui de Tunis pour embaumé les âmes et les esprits d’un parfum de magnificence inouïe. Zied Gharsa, ce mythe sacré du malouf tunisien, a encore une fois offert à son public fidèle un moment exceptionnel. Avec ses prouesses vocales inédites, cet Hercule du malouf a captivé le théâtre, dont les murs vibraient au rythme de sa voix aussi sublime que monumentale. L’innovation du premier 3ers Ettbou3 venait de la nouvelle nouba, l’innovation cette fois ci venait du réarrangement des oeuvres de malouf, arrangement savamment dosé par un autre grand artiste, par ailleurs pianiste de l’ensemble, Sami Ben Said.

Après avoir interprété une première ouasla en Mode Isba3ain « Bi Racha », «  »Khale9 el Atyar », « ya kaml’al ma3ani » « zarani el mali7 » « hasdouna » il a enchaîné avec des titres comme  ou encore « La nmathlek bel chams w la bel gamra », « Alech t7ayar fiya » « ba7dha Hbibti » « Mahsouna »ce fut au tour de Lena Chamamyan d’illuminer la scène. Elle était comme une apparition dans sa robe inspirée du style traditionnel tunisien. Son entrée sur scène fut accueillie par les applaudissements du public qui était en extase devant sa splendeur. Car en effet, Lena Chamamyan et la Tunisie, c’est une grande histoire d’amour qui va se renouveler cet été durant la saison des festivals, notamment à Sousse et Bizerte.

La chanteuse à l’univers très particulier a opté pour l’audace et a interprété en duo avec Zied Gharsa »Noubet el Khathra » avec sa voix mélodieuse. Ce choix que certains pourraient qualifier de risqué montre l’étendue du talent de Lena Chamamyan et sa maîtrise de sa voix sachant que Noubet el Khadhra (qui rappelons le a été composée par Khemaiess Ternane et présentée pour la première fois à l’occasion du premier anniversaire de l’indépendance de la Tunisie) est l’une des pièces de Malouf les plus élaborées et ou les ornements et rythmes restent un défi pour les musiciens tunisiens les plus aguerris.

La suite de la soirée a été assurée en solo par la diva syrienne qui a commence par une chanson ou sa voix envoutante était accompagnée par le Sensula, (autrement appelé Kalimba) d’abord en Armenien puis une version inédite de 3al bas darek, qui a tout de suite installe une ambiance de plenitude sur le theatre, pour ensuite interpreter le titre qui était à l’origine de son succès dans le monde arabe il y a plus de 10 ans : « Lama bada yatathana », ainsi que son autre titre de l’album chamat : « bali ma3ak ».

La soirée a été l’occasion d’une rencontre artistique entre le maestro Mohamed Lassoued, qui pour l’occasion a repris son violon pour assurer l’improvisation qui introduit la chanson composée par lui même, dont les paroles ont été écrites par Maher Sabra, « Bali Ma3ak » une chanson que la chanteuse a choisi entre autre pour les sonorités qui lui rappellent l’Anatolie sa région d’origine.

Lena Chamamyan a rendu hommage une seconde fois au patriloine musical tunisien à travers « Ki ydhi9 bik eddahr » et « Jibouli Khali » qu’elle a chanté au festival de Carthage l’année dernière en portant le drapeau national tunisien, comme l’année dernière elle était accompagnée par Samar Ben Amara, l’une des rares (voire la seule) joueuse de Zokra dans le monde arabe tout cela sous les applaudissements nourris du public encore une fois fidèle.

Aux côtés de Zied Gharsa, Lena Chamamyan a créé de l’émerveillement, un émerveillement fait de l’éternité de la musique, de sa gloire et de sa grandeur !

Ce Spectacle montre l’étendue des talents dont regorge l’Orchestre National Tunisien et la maîtrise du Maestro Mohamed Lassoued qui ont permis de créer un spectacle a la fois innovant et si différent du premier et ce en un temps record. 3ers ettbou3 version 2 s’achève, Le rendez-vous est pris pour le 3ème volet, annoncé pour le 27 Mars, … stay tuned

La soirée les coulisses et les réactions en vidéo

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