Reportages

Daly Triki et Taksim Band, Une (agréable) découverte

La première question qui nous traverse l’esprit quand on voit le groupe Taksim monter sur scène est d’abord, est-ce bien de Kanoun dont il s’agit ? A l’écoute des quelques extraits de Mohamed Ali (Daly pour ses amis !) Triki, on s’attend effectivement à avoir un ensemble takht digne des milles et une nuits et c’est devant un ensemble Jazz tout droit sorti de la nouvelle Orléans qu’on se retrouve, avec un combo Bass Batterie Guitare et Clavier tenus respectivement par les excellents Mohamed Mathlouthi, Mohamed El Ech, Dhirar el Kefi Imed Gontara (qui a accompagné plusieurs grands noms dont Saber Rebai). De plus, Zied Bel Abed tenait les percussions (avec un grand s puisqu’il n’est pas rare qu’il jouait de plusieurs instruments à la fois) cette formation était complétée par Skander Ben Abid à la clarinette et dirigée par Mohamed Ali Triki au Kanoun. C’est donc dans cette ambiance pour le moins cosmopolite que le spectacle débuta. Le moins qu’on puisse dire est que Mohamed Ali Triki a du style, que ce soit pour ses propres compositions ou pour les reprises, le public accroche, tant le groupe et les solistes manient à la perfection le passage entre des moments mélodieux, presque mélancoliques et des accents plus punchys ou les percussions/Batterie/Basse mettent le son et tiennent les spectateurs accrochés à leurs sièges.

Euphoria, un répertoire hétéroclite, une musique ...World

Euphoria portait bien son nom, Le répertoire joué était hétéroclite puisque les inspirations variaient des ruelles de Tunis (tels que le désormais standard Ritek manaaref ouine) jusqu’au fin fond de la culture tzigane en passant par les kudud d’Alep. L’interprétation de Fairuz à la manière de Zorba le grec est une des meilleures illustrations de ce mélange de genre. Autre fait marquant, et contrairement à d’autres expériences qui ont marié Jazz et musique orientale mais qui se sont limités à quelques modes de cette dernière, Daly Triki passe aisément des modes pentatoniques du jazz aux quarts de ton du rast sans jamais brusquer et toujours avec beaucoup de gout.  L’exécution des pièces, la justesse des introductions et des finales, la symbiose entre les membres du groupe laissait transparaître à la fois une énergie, une envie de transmettre mais aussi un grand niveau de préparation et de professionnalisme. C’est donc tout naturellement qu’au terme de la demi-heure qu’a duré le spectacle (en première partie de Jaafer el Gasmi, spectacle organisé par JCI Carthage)  le public a réservé une grande ovation pour ce jeune groupe et en a redemandé.  Daly Triki, Taksim Band et Euphoria sont probablement des noms à retenir.

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