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Dans l’âme de AIDA : ce magnifique univers verdien

On ne se remet pas encore de cette expérience unique d’avoir vu un opéra complet naitre sur la scène du festival de Carthage. La troupe italienne Luglio  Musicale Trapanese, l’orchestre et choeur de l’opéra de Tunis et l’orchestre symphonique tunisien ont collaboré pour que ce projet immense puisse voir le jour dans les meilleures conditions possibles. La représentation de Carthage a été tout aussi réussie et on pouvait voir des centaines et des centaines de spectateurs affluer à quelques minutes du début du spectacle.

 

L’histoire d’AIDA : 

AIDA débute par une musique enchanteresse qui vacille entre puissance et légèreté à l’image du destin du personnage principal : Aida. L’orchestre joue les notes de la mélancolie de cette princesse captive qui est déjà vouée à la fatalité.

Après un prélude musical intense, début le premier acte. Voici que l’on voit apparaitre deux des personnes principaux de cette tragédie verdienne : Radamès, le général égyptien s’entretient avec le grand-prêtre Ramphis de la gravité de la situation. En effet, l’armée ennemie est sur le point d’attaquer. L’Empire du Nil est en danger. Radamès reçoit le plus grand des honneurs : il est le héros désigné par les dieux pour mener les troupes égyptiennes à la victoire et contrer l’ennemi. Toute la nation compte sur sa victoire et solennellement, on lui remet l’armure et le glaive sacrés, emblèmes de son commandement sur les armées égyptiennes.

Dans l’acte suivant, on assiste à une danse des esclaves maures qui a pour but de distraire Amneris. La princesse égyptienne attend que Radamès revienne vainqueur de la guerre. Dans le second acte on a aussi un aperçu de la jalousie éprouvée par Amneris envers Aida. Pour mettre à nu les sentiments de celle-ci pour Radamès, elle lui annonce sèchement sa mort sur le champ de bataille. Aida est terrassée par la douleur, elle est dévastée et se lance dans une plainte déchirante. Ce face à face entre les deux femmes est interrompu par le bruit lointain des trompettes annonçant le retour du général héros.

Le décor change et on est transporté dans la grande place. La “marche des trompettes” , très célèbre passage de l’opéra, a lieu. On voit arriver le roi, sa fille et le grand-prêtre. Le héros doit être accueilli dans le faste que l’on doit à un personnage de sa bravoure. Comme il faut laisser à la tragédie le souhait d’exaucer ses plans, il s’avère que parmi les prisonniers de guerre se trouve le père d’Aida qui sera gracié avec les autres prisonniers grâce à la clémence de Radamès. Par la suite, voilà que le roi offre à Radamès la main de sa fille en mariage, condamnant irrévocablement les deux amants à la séparation.

L’acte III est marqué par un dangereux revirement de situation. Il s’ouvre par une imploration de la princesse Amneris dans le temple de la déesse Isis dans l’espoir de bénir ses noces avec le valeureux général Radamès. Toutefois, non loin de là où s’écroulera l’espoir stérile de la fille des Pharaons, on voit Aida qui attend son amoureux. Elle chante sa passion qui la consomme et se souvient de sa terre natale. Son père, le roi Amonasro surprend sa fille, et veut tirer profit de ses sentiments en la traitant de fille indigne, de traitresse à sa patrie. Aida est malheureusement obligée par son père de duper son amant pour le pousser à révéler un secret militaire. Elle lui demande de tout quitter, de fuir avec elle pour commencer une vie nouvelle dans une terre lointaine. Le piégeant, elle lui fait avouer les plans militaires de l’armée égyptienne.

Or, Radamès ignore que sa bien-aimée n’est autre que la princesse de la nation ennemie, l’Ethiopie. Blessé, offensé et trahi. Il chante sa rage, sa douleur d’être devenu traitre bien malgré lui. Après avoir demandé à Aida de fuir les lieux pour éviter de périr à ses côtés, il se laisse capturer et ne fera rien pour lutter contre la captivité.

Voilà que AIDA touche à sa fin. Au IV ème acte, les rouages de la fatalité emprisonnent nos protagonistes. Amneris, le coeur blessé par la trahison de l’objet de tout son amour, craint pour sa vie et implore les dieux pour sa survie. Elle lui demande de renier son amour pour et Aida en échange de plaider sa cause face aux prêtres, ce qu’il refuse évidemment. Le sort de Radamès est inévitable : il est jugé coupable par le grand-prêtre à qui il refuse de répondre à plusieurs reprises.

Le tableau final de AIDA est un décor suggérant une tombe. On voit le personnage de Radamès dans la crypte. Il se lance dans une lamentation déchirante lorsque soudain, il entend les gémissements de quelqu’un pénétrant sa demeure finale : c’est sa bien-aimée, Aida. Elle vient pousser son dernier souffle dans les bras de son Radamès. Là, a lieu l’un des plus célèbres duos de l’histoire de l’opéra où les deux amants s’abandonnent dans un dernier adieu à la vie : « O terra, addio ».

Les petits Bémols de AIDA:

Bien qu’il s’agisse d’une représentation très réussie et d’un événement dont on se rappellera encore pendant de longues années, quelques petits détails avaient l’effet d’une fausse note au coeur de ce métissage musical. Tout d’abord, il aurait fallu penser à l’acoustique du lieu étant donné qu’il s’agissait d’un espace en plein air, puisque les spectateurs assis en haut des gradins ne pouvaient pas écouter la musique avec la même intensité que s’ils étaient dans les premiers rangs.

Aussi, face à un public majoritairement francophone, il aurait été judicieux de commencer à afficher les sous-titres en langue française depuis le début du spectacle et non pas vers la fin du second acte pour permettre à l’audience de mieux comprendre la pièce. Cette astuce aurait contribué à favoriser l’immersion dans l’univers magique créé par le grand Verdi. On peut également noter l’absence de livrets explicatifs qui auraient servi à introduire les personnages et l’essentiel de l’intrigue.

Publiée par Musicien.tn sur Jeudi 5 juillet 2018

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