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Sami Lajmi, dans les coulisses du spectacle Ziara – Partie1

Depuis ses débuts en 2013 Ziara n’a cessé de remplir des salles. Retour avec Sami Lajmi sur les coulisses d’un spectacle pas comme les autres, un mariage entre la magie du chant soufi et la précision d’une machine bien rodée. Propos recueillis lors du spectacle du 19/2/2016 à la Salle Le Mondial

SC : Sami Lajmi vous êtes musicologue, arrangeur, vous étiez programmateur musical à Jawhara FM, comment vous est venue l’idée de la Ziara, comment passer d’un univers de musique écrite, à celui d’une musique de tradition orale.

SL : Chaque musicien est imprégné par ses propres débuts en musique. Pour ma part le déclic pour la musique, le rythme s’est passé dans mon enfance et c’était avec la 3issaouia avec deux de mes oncles. Par la suite, j’ai été au conservatoire puis à l’Institut supérieur de musique. C’est ce qui m’a permis d’avoir une formation académique qui m’a initié à la musicologie, aux investigations sur le terrain, à l’arrangement musical, toute la partie académique je l’ai apprise là bas. La « déviation » qui s’est passée est en fait un retour aux sources. J’ai exploité ces connaissances académiques pour aborder la musique de mon enfance et monter ce spectacle Ziara.

Un spectacle qui donne 3-4 représentations par mois l’hiver, près de 20 l’été, comment ça se gère au quotidien ?

Au niveau programmation, et au niveau production je me considère chanceux d’avoir une équipe de production qui s’occupe de tout. Pour la partie logistique, il y a une équipe de 6 régisseurs qui s’en occupent, comme le spectacle est grand, un seul régisseur ne saurait suffire. Pour la partie musicale, nous essayons de toujours nous renouveler, d’une part pour nous pour que le challenge continue, d’autre part pour que le public puisse revenir nous voir tout en trouvant du nouveau.

SC : concrètement comment se fait la préparation.

Beaucoup imaginent qu’un tel spectacle se prépare le jour même, c’est loin de la réalité. Ca ne se passe pas comme ça. Il s’agit d’un travail continu sinon on serait pris à la dernière minute pour tout faire et ce serait impossible. Le travail est quotidien, nous espérons surtout que le fruit de ce travail quotidien est transmis aux spectateurs. Si ce n’était la passion pour ce travail, le spectacle se serait arrêté depuis longtemps.

La technologie a une place importante dans Ziara

On ne s’en rend peut être pas compte mais Ziara est bourrée de technologie, avec un échantillonnage en studio que nous lançons en Live via la technologie REX2 (Logiciel RECYCLE NDLR).  C’est le claviériste qui les déclenche et ça appuie grandement le rendu sonore et le background de l’ensemble. On exploite à fond la technologie. Même chose coté lumière et programmation DMX nous passons beaucoup de temps à préciser les trajectoires et les points de chute de chacun des projecteurs, des beams, nous devons à chaque fois nous adapter aux nouvelles scènes, refaire la programmation pour que le spot tombe précisément là ou il faut.

Est-ce que c’est vous qui vous occupez directement des aspects techniques ?

Heureusement qu’on a deux techniciens de son Atef Drira au son Bilel (…) et islem (…) à la lumière qui s’adaptent avec tous les aléas des salles et qui quelle que soit la difficulté des conditions ils répondent présents

Le travail de la lumière est particulièrement difficile puisqu’il faut refaire les réglages en fonction des dimensions de la scène. Puisque nous avons des points de chute particulièrement précis.

On vous a vu utiliser des cordes pour aligner le plateau.

Aujourd’hui, vous avez pu remarquer qu’il s’est passé pas mal de problèmes au niveau d’installation dans le plateau. Il fallait changer l’alignement des chanteurs puisque la scène manquait de profondeur, En conséquence, il a fallu refaire tout le braquage lumière à la dernière minute.

En parlant de salles nous manquons de véritables salles de spectacle en Tunisie…

C’est le plus grand problème qui nous hante, aujourd’hui on joue au mondial, c’est la première fois qu’on y joue et je suis un peu choqué, on n’a même pas de loges, et je ne parle pas de mon confort personnel, pour moi ce qui compte c’est le confort des artistes qui vont passer 2h sur scène et qui ont besoin d’un confort plateau et d’un confort coulisses pour garder sa concentration a son meilleur. Par ailleurs la scène, n’est elle-même pas aux normes,  il y a trop de réflexion* qui reviennent. J’ai la main sur le cœur car ça peut fausser l’écoute des musiciens et on est obligé de passer le spectacle à donner la cadence pour éviter les décalages. Malheureusement nos scènes sont mal conçues, En Tunisie, une scène se résume à une estrade, les problèmes de conception, les normes techniques, ce sont des aspects totalement ignorés, en tant que musiciens on souffre de cette mauvaise conception. Si Ziara ne tourne qu’à raison de 2-3 spectacles par an, c’est surtout à cause du manque de scènes, nous recevons beaucoup de demandes que nous ne pouvons honorer à cause du problème des salles. On essaye de faire avec, surtout après la fermeture (pour travaux) du théâtre municipal.

A Quoi penses t on a quelques minutes du spectacle ?

Honnêtement dans une salle comme celle là, on est surtout content que ça finisse ! Je suis un peu inquiet car c’est une salle très petite et que je découvre pour la première fois. La taille de la salle impose beaucoup de concessions : d’une part il y a des acteurs qui sont d’habitude hors champ et qui la sont visibles par le public, par ailleurs la taille de la salle fait que les retours sont très proches les uns des autres. Parfois la Zoukra est un peu au-dessus du ton de quelques komas, d’habitude je peux l’écarter. Dans une petite salle elle peut fausser toute la partie gauche des choristes, je peux me retrouver avec un désaccord total, J’espère que ca se passera bien (je rassure tout le monde l’accord était parfait tout le long du sepctacle, plus de peur que de mal NDLR)

Bon Courage (suite dans la partie 2)

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