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Kiouf : Ahmet Bağlama et Mizrap

Pour ce 20ème épisode de Kiouf, nous avons rencontré un invité qui a su créer un univers propre à lui, s’inspirant de deux mondes et puisant dans deux cultures musicales qui semblent différentes mais qui, pourtant, se révèlent complémentaires et fusionnelles. Notre invité de la semaine est Ahmed Mejri alias Ahmet Bağlama.

En découvrant la musique de ses ancêtres maternels, cet artiste a brisé toutes les barrières en adoptant des rythmes tunisiens et turcs dans ses compositions, les réunissant dans un savant mélange.

Ahmed Mejri, plus connu sous le nom d’Ahmet Bağlama, est un musicien tunisien qui a fait connaître le Bağlama – que l’on appelle également « Saz »- en Tunisie; si bien qu’il est devenu sa seconde identité.

Depuis sa jeune enfance, Ahmed Mejri rêvait de la scène. Il savait pertinemment qu’il devait embrasser pleinement cette passion.  Encouragé par sa mère qui, d’ailleurs, a des origines turques, il est resté fidèle à son rêve et a commencé à apprendre à jouer du luth. Or, il ressentait que quelque chose manquait toujours. Il lui fallait explorer davantage ce mystérieux sentiment venu d’ailleurs: sa quête commençait à peine.

Bien que la musique orientale le faisait rêver et qu’il adorait écouter les bijoux du répertoire classique, c’est en découvrant la musique turque qu’il commence à découvrir des sensations singulières. « C’est l’appel du sang », comme il le dit si bien.

A seulement 9 ans, alimenté par une passion réelle, il fabrique son propre instrument avec les moyens basiques qui s’offraient au petit garçon qu’il était. L’énergie investie dans la fabrication de son premier Bağlama improvisé, reflétait sa soif d’apprentissage et révélait déjà le destin qui l’attendait.

Plus tard, cet élève du grand Ismail Tunçbilek, une sommité de la musique turque; a choisi d’approfondir ses connaissances musicales en s’inscrivant à l’Université technique d’Istanbul (İstanbul Teknik Üniversitesi).

Pour Ahmed Mejri, au-delà d’un simple instrument musical, le Bağlama, est une véritable philosophie dont les richesses sont inépuisables. Grâce à une initiative avant-gardiste soutenue par Samir Becha, le directeur de l’ISMT, l’enseignement du Bağlama a été intégré au cursus. En effet, Ahmed Mejri est en charge d’enseigner aux nouvelles promotions, tous les secrets de cet instrument. 

Or, peut-on parler de Ahmed Mejri sans mentionner l’univers de Mizrap ?

En 2012, il a décidé de créer le premier groupe tunisien de musique turque : Mizrap est né. Cette genèse était un défi considérable puisqu’il fallait introduire le public tunisien non seulement à une musique d’un genre nouveau mais à une nouvelle langue qui n’est pas des plus faciles.

Pour dépasser cet obstacle linguistique et culturel, Ahmed Mejri a transformé ses concerts en moments ludiques où le public fait partie intégrante de la performance. Un échange actif se fait entre la scène et les spectateurs et l’interprétation devient également un moment éducatif durant lequel l’artiste tente d’apprendre des mots nouveaux à ses fans.

Au fil des années, la musique de Mizrap a trouvé son audience. A présent, c’est un nom qui n’est plus à faire !

Accompagnant le maître tunisien du Bağlama, nous avions le plaisir de recevoir Mehdi Mbarki, disciple et ami de Ahmed Mejri, et le professeur universitaire Maksut Yaldiran.

Le professeur Maksut est une belle rencontre qui est le fruit d’un heureux hasard. De formation littéraire, il est passionné de musique et de chant sans pour autant avoir reçu une formation spécialisée. Aussi, Ahmed fut agréablement surpris par sa voix particulière et l’invita à rejoindre l’aventure Mizrap. Une amitié et un partenariat artistique sont nés au plus grand plaisir des fans du groupe !

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