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Ha’ddinya – Nouveau titre de Imed Zarka -Entrevue et coulisses de l’enregistrement

Addinya - Nouveau titre enregistré dans les studios de la Radio Tunisienne

Rencontre avec un mélomane entièrement habité par la musique, un multi instrumentiste et un producteur animateur à la radio et à la télévision de l’émission Zgharid,  Mohamed Imed ZARKA, a récemment enregistré « addinya » un titre produit par la Radio Tunisienne, il nous parle du titre et des conditions de l’enregistrement

Mr Imed, avant de parler de la chanson, comment est venue cette passion et comment avez-vous commencé à faire de la musique ?

J’ai toujours vécu dans la musique car j’appartiens à une famille de musiciens, la famille « Zarka » issue d’une longue tradition musicale sur plusieurs générations. Une famille qui a contribué à la création et la conservation du patrimoine musical tunisien. Mon père est Hammouda Zarka, cheikh el malouf et plusieurs musiciens comme Ali Barrek, Abdelmajid Ben Saad et Hadi Guerfala ont été ses élèves. en ce qui me concerne, ma formation était à la base familiale et ma passion pour la musique a commencé dès l’âge de six ans. Je jouais dès mon jeune âge à la darbouka j’ai par la suite découvert la trompette dans la maison de la culture à Kairouan, puis est venue la passion pour le Nay. J’ai eu mon diplôme de musique arabe en 1986 Plus tard, en accompagnant mes enfants au conservatoire, j’ai découvert le piano et la guitare. Depuis 2002, j’ai commencé à écrire et à composer mes propres musiques, j’en ai déjà écrit près de 80.

Comment vous est venue l’idée de l’enregistrement de cette chanson ?

Depuis longtemps, j’écrivais mes propres paroles et je composais des mélodies. Lorsque mon expérience à la radio nationale s’est lancée avec l’émission « Zoghrof ou Zgharid », j’ai saisi l’opportunité et j’ai proposé à l’administration de la chaine de produire ma chanson et de l’enregistrer au studio et avec la troupe musicale de la radio nationale. Ma proposition à été retenue et on m’a alloué tous les moyens nécessaires pour l’exécution et la réussite de la mise en œuvre.

 

Parlons maintenant de la chanson. Tout d’abord, pourquoi ce choix de Duo et pour quelle raison avez-vous choisi Mahr HAMMAMI ?

Mahr est une jeune voix talentueuse. C’est une professeure de musique qui fait ses recherches sur le chant yéménite. Je l’ai entendue chanter pour la première fois à AL RACHIDIA. Une nouvelle voix qui m’a touché et qui en était au début de sa carrière. C’était justement ce point intéressant, c’était important de garder l’identité de la chanson et la bien mettre en valeur.

 

Parlez-nous un peu de vos choix musicaux, du son, du choix des instruments…

Je voulais d’abord une ligne musicale moderne. Je veux travailler sur le style « méditerranéen ». Il se joue essentiellement avec la guitare, le piano et le violon. Il rappelle un peu le style italien de la musique qui se jouait dans les rues de Naples. Ce style était peu compatible avec les quarts de tons de la musique arabes

 

Justement, nous étions étonné de ne pas entendre de nay dans votre pièce, c’est pourtant votre instrument de prédilection

J’ai choisi de ne pas faire appel à des instruments traditionnels du takht (nay qanun oud) non pas par principe mais c’est surtout que je trouvais qu’il ne s’adaptait pas au style de la musique. Je voulais par contre introduire des cuivres mais malheureusement je n’ai pas trouvé un bon musicien capable de jouer et de produire les phrases musicales demandées.

 

Revenons sur la chanson, quel message avez-vous voulu transmettre ?

Tout d’abord, je voulais sortir des formes et thèmes classiques de la musique actuelle tunisienne, pour créer une véritable chanson à texte, j’ai voulu mettre en valeur le principe du contraste entre une chose et son contraire. Vous pouvez constater dans le texte l’énantiomère et l’ambivalence « محبة مليانة أبهاها ما الدنيا» « وشدة شقاء مليانة أجفاها ما الدنيا », « نفرح نهار مع ليل » «نحزن نهار مع ليل » … D’ailleurs ce contraste dans la chanson ne peut être vécu et interprété que par un couple homme et femme et ceci est une autre raison pour laquelle j’ai choisi de réaliser la chanson en duo.

 

Vous disiez que le style était de la chanson était méditerranéen on entend pourtant des passages de mazmoums

Effectivement au travers de la chanson qui est plutôt en majeur on peut entendre des modes tunisiens ; Mazmoum, mais aussi Rast Dhil qui apparaissent clairement parfois. Un autre principe que j’ai voulu appliquer, c’est le principe de l’accident ou la modulation qui repose sur un changement brusque dans la ligne musicale. On peut le constater dans le fond de la musique. Et finalement j’ai voulu aussi éliminer les « lezmets » (phrases compliquées entre les couplets chantés).

 

Avec qui avez-vous travaillé ?

L’arrangement et l’enregistrement ont été assurés par Mohsen MATRI, c’est lui qui m’a conseillé tout au long de ces étapes. Il me proposait à chaque fois des accords et je choisissais celui qui collait au mieux à l’esprit de la pièce.

Qui sont les musiciens qui ont joué lors de l’enregistrement ?

 

La troupe musicale qui a assuré la mise en ouvre de la chanson était constitué par le maestro Abdelbasset METSAHEL, Nabil ZOMMIT, Chokri BAHLOUL, Riadh SOMAI. J’ai moi-même joué le piano en alternance avec Mohsen MATRI c’était aussi le cas pour la guitare.

Quels sont vos projets y a-t-il d’autres morceaux en vue ?

 

Je vais très prochainement réaliser une instrumentale, avec un arrangement composé d’un ensemble de 6 nay accompagnés de deux Cello, Piano et Tbal et je suis déjà entrain d’exécuter une deuxième chanson intitulé « ntir » (je vole ndlr). Ce sont bien sur mes propres paroles. Un texte qui traite un sujet et qui met en valeur un aphorisme et une idée.

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