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Tosca : E luvecan le stelle… romance de la douleur

E lucevan le stelle, célèbre romance de l’opéra Tosca, est sans doute l’un des airs les plus émouvants de l’opéra italien.

Aussi, E lucean le stelle est chanté dans le troisième acte de l’opéra Tosca de Puccini, tandis que Mario Cavaradossi, le personnage principal, se prépare à son exécution. 

La mélodie est triste, nostalgique, pleine de regret et annonce le malheur imminent. Les mots capturent à la fois la joie de vivre – l’odeur du sol, le son d’une porte qui s’ouvre, des pas doux, le bruissement de l’étoffe d’une robe – et le désespoir de la mort inévitable qui brise à jamais le rêve des amants. 

Tosca est le plus sombre des opéras de Puccini, à tel point que sa toute première représentation à Rome en 1899 a été un échec, car le public l’a jugée trop différente et beaucoup plus sombre que la précédente œuvre du compositeur, La Bohème. Mais c’est aussi l’opéra le plus puissant et le plus captivant sur le plan émotionnel. En effet, après ce premier fiasco, l’opéra a connu un succès retentissant.

L’histoire est une trame qui se noue entre jalousie et intrigue politique. Cavaradossi, artiste et sympathisant de Napoléon, abrite l’ancien consul et dissident politique romain Angelotti, qui a réussi à s’évader de prison. Le diabolique baron Scarpia, qui est à la tête des services de police du Pape, tente de reprendre Angelotti et se méfie de Cavaradossi, son ennemi juré qu’il déteste parce qu’il veut la belle chanteuse Floria Tosca. 

Déterminé à se débarrasser de son rival amoureux, Scarpia arrête Cavaradossi et donne l’ordre de le faire torturer afin d’obtenir des informations dévoilant la cachette d’Angelotti. Il oblige également Tosca à écouter son amant se faire torturer. Même si Cavaradossi l’a suppliée de garder le secret d’Angelotti, Tosca s’effondre et révèle à Scarpia où se trouve l’ancien consul. Se sentant trahi, Cavaradossi lui tourne le dos. À ce moment précis, nous apprenons la victoire de Napoléon à la bataille de Marengo. Cavaradossi se réjouit et Scarpia, utilise cela pour servir ses intérêts personnels.

Il accuse le pauvre artiste de trahison et le condamne à mort. Tosca demande un pardon que le baron dit qu’il accordera si elle accepte de se donner à lui. Après avoir réprimandé Dieu pour l’avoir mise dans une situation aussi désastreuse (avec l’exceptionnelle et émouvant Vissi d’arte), Tosca cède. Diabolique jusqu’au bout, Scarpia la laisse ensuite croire que Cavaradossi ne fera face qu’à une exécution simulée, et tente d’arriver à ses fins. Or, Tosca préfère la violence au déshonneur et le tue. 

Pendant ce temps, Cavaradossi est en prison, dans l’attente de son exécution. C’est à ce moment que le spectateur est témoin de l’un des plus beaux moments de l’histoire de l’art lyrique : l’artiste chante son tourment, son désir de vivre et d’aimer Tosca bien qu’il soit condamné à mourir. La clarinette frappe d’abord une note sombre, puis la mélodie déchirante commence avant que la voix puissante du ténor ne fasse écho aux notes de la clarinette à mi-chemin de l’aria.  

Juste au moment où la musique vous enveloppe dans la douleur de Cavaradossi, Tosca se présente sur scène. Elle révèle à son amant qu’avant de tuer Scarpia, elle l’a persuadé d’organiser une simulation d’exécution pour qu’il soit épargné, et qu’il n’a plus qu’à faire semblant de mourir. Les deux protagonistes rêvent de leur avenir ensemble.

Toutefois, le perfide Scarpia n’a jamais donné l’ordre d’épargner Cavaradossi, qui est abattu et meurt. Quand Tosca réalise la vérité, elle se tue. Afin d’augmenter cette sensation de malheur et de fatalité qui marque l’acte final, l’orchestre joue à nouveau les notes nostalgiques qui introduisent E lucean le Stelle. 

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