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Pourquoi Bach est-il toujours indétrônable ?

Bach est un colosse … sous lequel tous les musiciens passent et continueront à passer. Mozart est le plus beau, Rossini le plus brillant, mais Bach est le plus complet: il a tout dit.

Charles Gounod

Il est certain que la plupart des musiciens étaient d’accord sur un fait : Bach était sans doute le meilleur de tous les temps. Son génie insaisissable, cependant, n’est pas si facile à déchiffrer. 

Nous citerons le célèbre maestro Dietrich Fischer-Dieskau qui explique en parlant de Bach : “Sa musique est le langage de l’âme, donc nous ne pouvons jamais le comprendre pleinement.” 

Il ne suffit pas de se focaliser sur le travail de Bach. Ce professeur par excellence, dont la musique a fortement influencé toutes les générations ultérieures, a légué à l’Histoire un héritage inestimable : Le Père de la musique a raffiné les meilleurs idées de son époque tout en mettant. 

Si sa musique a toujours cet fraîcheur et cette vitalité ultime, c’est sans doute grâce à la richesse de ce qu’elle apporte. C’est une musique qui vous fait penser. Qui procure un sentiment d’élévation, d’enchantement. Une musique qui continue d’exercer une certaine séduction comme un charme auquel on succombe toujours. 

Plus on écoute Bach et plus on apprend à être attentif à sa musique : la découverte est toujours présente, mais aussi une dimension didactique qui en fait un apprentissage constant. 

Aussi, la musique de Bach est une forme de thérapie. Une guérison. 

On se demande si c’est le sens de l’ordre et de l’équilibre dans la musique de Bach qui explique son attrait pour une congrégation aussi variée d’auditeurs.  Il y a un calme, une paix dans ses compositions. Cette même qualité soigneusement ordonnée et réglementée fait de sa musique une fascination.

Pourtant, cela ne provient pas toujours de l’instrumentation, ni de la manière gratifiante avec laquelle il écrit les lignes vocales. Mais il existe un élément intrinsèque indiscutable. C’est cet intérêt pour la musique elle-même qui est à la fois intellectuelle et sensuelle. Même dans certaines de ses œuvres les plus austères, on trouve qu’il y a une forme de sensualité.

Nous en savons très peu sur l’homme qu’était Bach, mais il est toujours tentant d’extrapoler à partir de sa musique et de tirer nos propres conclusions. Chanter ou jouer Bach est toujours une expérience révélatrice qui nous laisse entrevoir un fragment de l’être qu’il était. Visiblement perfectionniste, cherchant un objectif impossible à saisir, dans une éternelle quête du détail à revoir.

Tel est le créateur qui apparait lorsque l’on s’attarde sur son adaptation du “Stabat mater” de Pergolesi. On aurait cru qu’il était impossible d’apporter une quelconque modification au travail originel de Pergolesi; pourtant, Bach ne pouvait résister à la tentation d’en transformer même les détails les plus minuscules.

Or, le génie avait-il une idée de sa propre grandeur? On supposerait que le génie sait ce qu’il est. Le chef d’orchestre britannique John Eliot Gardiner s’exprime sur cette question en disant : 

«Je pense qu’il se considérait comme un artisan – un très bon artisan – mais pas un “grand “compositeur. Je ne pense pas que ce soit un concept significatif pour lui. Je pense qu’il avait une idée de ce qu’il valait en tant que claviériste et serviteur de l’église. Nous avons bien sûr “L’Art de la Fugue” et la Messe en Si Mineur qui pourraient être interprétés comme ayant un œil sur la postérité. Mais je préfère les voir comme un témoignage personnel: c’est ce que j’ai accompli, c’est le meilleur de moi ». 

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