Histoire de la musique

La malédiction de la 9ème symphonie

 

  « La légende finit toujours par avoir raison contre l’histoire, et la création du mythe est la victoire suprême de l’art. »

— Emmanuel Buenzod, Pouvoir de Beethoven ; Les lettres et la musique. Édition A. Corréa, 1936.

 

Le monde de la musique est riche en énigmes inexpliquées. Loin de la magie de pièces immortelles qui s’imposent majestueusement depuis des siècles, une part de mystère demeure. La superstition a aussi son rôle à jouer dans ce décor où, parfois, l’œuvre consume l’être tout entier de son créateur.

Parmi les plus grands mystères de l’histoire de la musique, on cite la superstition de la 9ème symphonie. Le chiffre 9 a , à maintes reprises, été associé à une malédiction. En effet, après le décès de Beethoven (1770-1827), une croyance supposant que les compositeurs meurent après avoir achevé leur 9ème symphonie, s’installa jusqu’à dissuader ces derniers d’attribuer ce chiffre porte-malheur à leurs œuvres. D’où, qu’en est-il de cette légende ? Et où décèle-on une part de vérité dans ce mythe ?

La mort de Beethoven a été le déclencheur de cette superstition. Bien qu’infortunée, elle n’a pourtant rien d’énigmatique puisque le génie avait souffert toute sa vie de douleurs chroniques. De santé fragile, en plus de sa surdité, il a succombé suite à un long combat avec la maladie. Or, la fatalité de la 9ème symphonie était telle qu’on en a fait une limite infranchissable, un stade de création ultime qu’on ne devait jamais atteindre. L’impact de cette superstition fut tel que, longtemps, personne n’osa attribuer le chiffre 9 à une composition avant le compositeur russe Chostakovitch (1906-1975). Des “victimes” de cette malédiction on nommera Franz Shubert (1797-1828), Antonin Dvorak (1841-1904), Anton Brucker (1824-1896) ou encore Gustav Mahler (1860-1911) .

Toutefois, les dizaines de contre-exemples qui ont triomphé de la fameuse malédiction de la 9ème symphonie, notamment -pour n’en citer que peu- Joseph Touchemoulin (1727-1801), Max Butting (1888-1976), Andrezej Panufnik (1914-1991) ou encore Alan Hovahaness (1911-200) et Nikolaï Miaskovski (1881-1950); rompent l’impact de cette fiction. On fera également référence aux piliers du classicisme autrichien:  Mozart ( 1756- 1791) dont le répertoire compte près de 68 symphonies; et Haydn (1732-1809) qui a composé plus de 106 symphonies; dont l’héritage prouve que cette fabulation n’a finalement aucun fondement rationnel. Cette légende aura contribué néanmoins à alimenter la sacralisation de la “trinité viennoise”.

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