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Cet artiste incompétent que Gottschalk ne pouvait rejeter

Le pianiste américain Louis Moreau Gottschalk (1829 – 1869) savait ce qui ravissait l’audience européenne. En effet, il a eu une carrière solo réussie et a joué maintes fois dans les grandes salles d’Europe. Il a également assisté à des concerts spectaculaires appelés “concerts monstres” mis en scène par Pierre Musard et d’autres chefs d’orchestre populaires de leur temps. 

Ainsi, à son retour aux États-Unis, il décide d’essayer de mettre en place son propre « concert monstre ». Il arrangea la Marche de l’opéra Tannhäuser, oeuvre de Richard Wagner (1813 – 1883) pour 14 pianos et décida d’organiser sa première représentation à San Francisco en 1865. 

Cela nécessitait la présence de chaque pianiste professionnel de la ville. Malheureusement, la veille du concert très annoncé, l’un d’eux est tombé malade. 

A cette époque, San Francisco avait son lot d’amateurs talentueux, et le propriétaire de la salle a parlé au compositeur de son fils, qui pouvait prétendument jouer sans difficulté la musique de Liszt, Thalberg et Gottschalk. 

Le jeune homme avait même déclaré que la musique était trop facile pour lui et qu’il avait aucunement besoin d’assister à une répétition et il s’est assis au piano pour montrer ses œuvres. 

Il a fallu à Gottschalk environ deux mesures pour se rendre compte qu’il ne pouvait que ruiner la performance. Il pensa qu’il devrait reporter le concert, jusqu’à ce que l’accordeur ait une idée brillante : Il enleva tout le mécanisme du piano, laissant un clavier factice.

Avant le début de la représentation, Gottschalk a rappelé à tous les pianistes de ne pas improviser de préludes. L’ensemble de l’effet exigeait que les quatorze pianos réunis prennent le spectateur par surprise. Le public a adoré la pièce et a demandé au groupe de la répéter.

Le jeune amateur arrogant a oublié que Gottschalk avait interdit les préludes. Il a commencé à jouer quelque chose et s’est rendu compte qu’aucun son n’émanait du piano. Avant de pouvoir dire ou faire quoi que ce soit, Gottschalk donna le signal que la pièce devait recommencer. Pour impressionner tous ses amis dans le public, le jeune amateur pantomime joua son rôle.

Gottschalk écrivit plus tard que le mélange de découragement et de colère sur son visage aurait valu la peine d’être peint. 

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