A la uneBref

Tutto Puccini : une célébration à la hauteur du mythe

La 34ème édition du festival international de musique symphonique d’El Jem a débuté le 5 juillet. Ce fut un concert difficile à décrire. Que peut-on dire lorsqu’il faut tout dire et que pour tout dire l’on manque de mots ?

Ce vendredi, le temps d’un été, avait pour nom l’émerveillement, la magie, la sublimation. L’amphithéâtre romain d’El Jem, ce lieu chargé d’histoire; ce lieu qui respire encore le parfum du passé. Des dizaines de spectateurs dont la diversité reflétait le caractère pluriculturel de ce festival. Des artistes qui embrassaient jusqu’à la fusion l’univers de Puccini et un orchestre dont la maitrise frôle la perfection. Tels étaient les ingrédients d’un succès amplement mérité !

Monsieur le ministre des Affaires Culturelles et son Excellence l’Ambassadeur d’Italie étaient présents pour applaudir l’Orchestre du Festival Puccini dirigé par le très sympathique Alberto Veronesi et soutenir ce message de fraternité et d’échange tuniso-italien. Ah ce maestro ! Si jovial, si vivant, si investi dans chaque aria sélectionnée au programme qu’il s’est même aventuré à chanter quelques notes. Son dévouement et ses efforts pour que tout se déroule comme il se doit, n’avaient d’égal que sa bonhommie et sa joie quant à l’accueil splendide du public.

Au début du concert, on a eu le plaisir d’écouter un invité d’exception : le maire de la ville de Florence qui est également un violoniste de talent. Il a joué un fabuleux morceau d’Ennio Morricone avec une authenticité déconcertante. Son interprétation a fait naitre une grande émotion dans le public et on aurait juré que même les flammes qui illuminaient le coliseum romain s’inclinaient face à la beauté de cette musique.

L’orchestre du Festival Puccini a présenté des extraits des plus célèbres opéras de Puccini : Madame Batterfly, Tosca, La Bohème et la Turandot, cet opéra inachevé. Découvrir ou redécouvrir ce répertoire est une expérience sensorielle et spirituelle à laquelle on s’abandonne sans manifester aucune défense.

La vedette de la soirée a incontestablement été le ténor tunisien Amadi Lagha qui collabore avec la Fondation Puccini depuis déjà quelques années. Aux côtés d’Amarilli Nizza, il a été le lieutenant B.F.Pinkerton dans un « Viene La sera » déchirant. Aussi, il a glissé sous les traits de Mario dans un extrait de Tosca, face à la grande soprano Giovanna Casolla pour qui l’art lyrique est une évidence; l’interprétation une seconde identité.  

L’orchestre du Festival Puccini et ses artistes ont choisi 4 extraits de la Bohème dont « Quando m’en vo », « Che gelida manina » et « Dunque è proprio finita ». Deux Mimi ont assuré le rôle du personnage titre : Ivana Canovic et Amarilli Nizza. Elles étaient divines, sublimes, rayonnantes; des astres d’élégance et de talent face à un Rodolfo dont les traits reflétaient chaque note, chaque phrase.

Or, pouvait-on clore le programme avec un meilleur choix que « Nessun Dorma », le plus célèbre extrait de la Turandot ? Le prince Calaf a offert une interprétation digne de la majesté des lieux et a reçu un torrent d’applaudissements éblouis par ses capacités vocales et interprétatives.

Bien que cette soirée fut entièrement dédiée au compositeur de légende, le public a eu droit à une belle surprise : un Brindisi joyeux et une interprétation allègre de O Sole Mio où le consul honoraire d’Italie a accompagné les artistes.

Cette soirée unique restera à jamais dans la mémoire de la ville de El Jem comme celle d’une célébration haute en couleurs qui a rehaussé la magie de ce lieu où on respirait l’histoire…

@Crédit photo : la page officielle du festival international de musique symphonique d’El Jem.

Tags

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer