Sami Lajmi Dans les coulisses de Ziara – Partie 2

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Sami Lajmi Dans les coulisses de Ziara – Partie 2

Depuis ses débuts en 2013 Ziara n’a cessé de remplir des salles. Retour avec Sami Lajmi sur les coulisses d’un spectacle pas comme les autres, un mariage entre la magie du chant soufi et la précision d’une machine bien rodée. Propos recueillis lors du spectacle du 19/2/2016 à la Salle Le Mondial

M: Nous remarquons qu’il y a des Nouveaux visages dans Ziara

Les piliers du projets sont les mêmes qui ont commencé depuis 2013. Il ya néanmoins des castings et de nouvelles figures, qui s’ajoutent en fonction de ce qu’ils peuvent apporter au projet. Mais on essaye toujours de garder un maximum de stabilité de l’effectif.

Pourquoi quitte t on Ziara ?

Soit pour des problèmes de discipline, ou encore pour une « fin de mission » c’est-à-dire que sa partie n’est plus intégrée dans le spectacle. De la même façon le recrutement se fait en fonction de l’écriture scénique, en fonction des tableaux qu’on voudrait rajouter.

Il est connu que Ziara reprend le répertoire soufi du Sahel, le recrutement se fait-il uniquement à sousse.

SL : Non, il se fait sur toute la Tunisie, le lieu de production, les répétitions se passent à Sousse mais l’équipe est de toutes les régions de Tunisie.

En parlant de Sousse, j’ai remarqué qu’il y a une dynamique particulière à Sousse, plusieurs festivals « hors saison » plusieurs grosses productions, Ziara mais aussi tamayourth de Taher Guizani, y a-t-il des raisons pour ça ?

Oui il y a des raisons pour ça, primo la production à Sousse est beaucoup plus facile, on pourrait se dire pourquoi ne pas travailler à Tunis. D’abord il y a les salles de répétition, qui sont presque tout le temps vides, contrairement à la capitale. La disponibilité des musiciens est aussi très différente par rapport à ce qui existe dans la capitale Ceci fait que les couts de production sont beaucoup moins importants à Sousse par rapport à Tunis.  Par ailleurs, par expérience les couts de production, location de matériel et autre sont beaucoup moins chers en Tunisie. Un autre point à Sousse est la proximité avec les responsables qui vous accueillent facilement et directement.

Ceci dit le casting à Tunis est beaucoup plus riche pour une même demande, on peut avoir 50 candidats à Sousse, 1000 à Tunis. Mais étant donné que le marché tunisien est très restreint, le critère principal pour qu’un spectacle est la question de couts : il faut pouvoir s’y retrouver.

SC : Un autre point qui attire l’attention est la moyenne d’age à la Ziara, il y a très peu de personnes au-delà des 35 ans

SL si, il y’en a mais ils ne sont pas nombreux (rires).

Est-ce une nouvelle vision, d’habitude les artistes en Tunisie se plaignent du manque de moyens, du manque de couverture médiatique, vous me parlez de cout de production, de rentabilité, … c’est tout de même nouveau pour la scène tunisienne ? d’où ça vient

Aujourd’hui c’est facile de croise les mains, pleurer et demander un soutien économique pour réaliser les œuvres. De nos jours le marché tunisien nous oblige à compter sur soi-même en évitant les « dégâts »  c’est-à-dire en limitant les investissements et en tenant un équilibre entre l’aspect culture et l’aspect commercial.

Aujourd’hui on ne peut pas investir par exemple 30000 dinars dans un spectacle ou on sait d’avance qu’il n’a pas de public. Je ne peux pas non plus investir 30000d dans un spectacle avec des salles pleines mais ou je ne serai pas épanoui artistiquement. La clé est donc de trouver l’équilibre entre culturel et commercial même si je suis personnellement contre cette typologie puisque je pense qu’un travail culturel doit être vu et donc quelque part rentable, sinon on fait sa musique chez soi. Un travail culturel est selon moi soit bon soit mauvais. Parler d’équilibre entre commercial et culturel c’est surtout pour rentrer dans le moule actuel que je conteste par ailleurs.

Comment le spectacle a commencé ?

Quand j’ai commencé Ziara, je n’avais pas de boite de production derrière moi, c’était presque un coup de chance. J’étais assistant à l’ISAMM, Ziara a été construit par mes propres moyens, à même mon salaire, au dépend de tous le reste. J’ai financé le projet jusqu’au point ou Ziara a fait ses preuves, au bout de la sixième représentation, j’ai eu un producteur. Pour moi croiser les bras et attendre les aides est un choix défaillant. Cette conscience de la notion d’investissement, des couts, de la rentabilité, de l’amortissement de ces couts sur plusieurs années, … manque probablement dans la scène tunisienne, ça manque beaucoup mais ça viendra, c’est un changement qui est déjà en cours en 2006 à l’ISM on n’en parlait même pas, aujourd’hui ça va mieux.  La scène est en train de bouger, et j’espère que quand les artistes et la scène bougeront, les choses seront encore plus faciles pour les nouveaux qui arrivent, Nchallah ca va de mieux en mieux.

A Propos de nouveautés, que devons-nous attendre de Sami Lajmi ?

Oui il y a du nouveau en préparation, ce sera totalement nouveau c’était prévu pour 2017 mais avec la production nous avons préféré donner plus de temps pour Ziara, et passer à autre chose pour 2019. Ce sera un nouveau concept, très nouveau, nous resterons dans le même axe avec un aspect visuel important appuyé par les nouvelles technologies aussi bien son que lumière…. suspense…

By | 2017-12-16T11:36:33+00:00 mars 30th, 2016|A la une, Interview|0 Comments

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